L'histoire des fortifications du Mont d'Haurs

 

Un camp retranché dans le sillage du fort de Charlemont

En 1519 Charles V, plus connu sous le nom de Charles Quint, devient le nouvel Empereur du Saint-Empire après la mort de son grand-père, Maximilen de Habsbourg, couronne que revendiquait également François 1er, roi de France. Si le roi de France caressait le rêve secret de succéder à Charlemagne, son royaume se retrouvait également isolé dans une Europe sous domination espagnole. Cette situation se traduit par un état de guerre permanent et un renforcement de part et d'autre de chacune des frontières. 

Après les incursions 'espagnoles' en provenance de Givet et de Chimay dans les terres françaises, François 1er envoie Martin du Bellay, prince d'Yvetot, pour déterminer un site où implanter une forteresse dans cette partie de l'Ardenne : ce sera Rocroi où existe un premier château. La fortification de Mariembourg sera une première réponse espagnole puis de Charlemont, sur les hauteurs de Givet, l'objectif étant de contrôler les voies naturelles de communication, dont la Meuse. 

Givet devient français en 1678 avec la signature du Traité de Nimègue qui met fin à la guerre de Hollande. Louis XIV envoie alors son ingénieur, Vauban, visiter chacune des plces militaires conquises afin, si cela est nécessaire, de les renforcer. Sa route le conduit à Givet. Outre les compléments à apporter en rive gauche de Givet,, au niveau de la ville comme  du fort de Charlemont, il propose des aménagements pour la défense de Givet Saint-Hilaire (le Petit Givet) et de faire du Mont d'Haurs un camp retranché pouvant accueillir jusqu'à 20 000 hommes de troupe. Investir cette hauteur permet, non seulement de contrôler plus efficacement les environs, évite une prise de contrôle de cet escarpement d'où on pourrait bombarder le fort de Charlemont (ce que l'armée allemande fera en 1914).

  • Une des pierres surmontant la porte du fort, bien éloignée de son emplacement Une des pierres surmontant la porte du fort, bien éloignée de son emplacement
  • Dans les fossés, faute de moutons, l'enrésinement progresse Dans les fossés, faute de moutons, l'enrésinement progresse
  • Le petit Givet et le projet d'aménagement du Mont d'Haurs, en 1697 Le petit Givet et le projet d'aménagement du Mont d'Haurs, en 1697
  • Le Mont d'Haurs, en 1777 (atlas de Charlemont, des Givets et Mont d'Haurs, De Caux de Blacquetot) Le Mont d'Haurs, en 1777 (atlas de Charlemont, des Givets et Mont d'Haurs, De Caux de Blacquetot)
  • Campement et symboles mystiques contemporains dans l'ancienne poudrière. Campement et symboles mystiques contemporains dans l'ancienne poudrière.

Le projet que Vauban propose pour le Mont d'Haurs est daté de 1697.
Quelques consolidations seront portées, mais le site conservera sa structure d'origine. A quelques pillages de pierre près, d'un tracé électrique, et des assauts du temps.

La naissance de la Réserve Naturelle

A partir des années 1950, l'activité agricole du secteur se réduit progressivement. Les espaces, jusqu'alors entretenus, sont envahis par la végétation arborée, faisant ainsi disparaître les pelouses calcicoles, leur faune et leur flore inféodées. 

Afin de protéger ce milieu une association, la Valenne, demande en 1990 de faire classer en Réserve Naturelle les zones les plus remarquables.Celle-ci voit le jour en 1999 (décret 99-154 du 4 mars 1999). Elle s'étend sur 360 hectares, répartis en dix sites. L'ONF et le Conservatoire des Espaces Naturels de Champagne Ardenne en assurent la gestion, organisent des visites.