Une cité pour une mine d'or en Creuse

Le Chatelet est un lieu-dit de la commune de Budelière, département de la Creuse. Ce hameau de près de 300 habitants doit son origine à la fondation d'une société minière qui exploita les minerais aurifères du secteur, et dénommées communément "les Mines d'Or du Chatelet". Cette cité vue le jour sur l'initiative des exploitants afin de loger un maximum d'ouvriers à proximité du site industriel, et ce dans une région essentiellement rurale.

Ce reportage dresse un panorama synthétique, à partir de sources d'archives et bibliographiques, de cette cité des Mines d'or du Chatelet. Le reportage photographique a été réalisé en août 2009.

  • L'entrée dans la cité. L'entrée dans la cité.
  • la cité ouvrière du Châtelet, dans les années 1930 la cité ouvrière du Châtelet, dans les années 1930
  • la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet
  • la rue principale de la cité du Châtelet la rue principale de la cité du Châtelet
  • une des premières maisons construites, et son jardinet une des premières maisons construites, et son jardinet
  • une des premières maisons construites une des premières maisons construites
  • la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet
  • la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet
  • des vérandas pour protéger des intempéries des vérandas pour protéger des intempéries
  • des maisons jumelles en matériau du pays des maisons jumelles en matériau du pays
  • la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet
  • la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet
  • la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet la cité ouvrière des anciennes mines d'or du Châtelet
  • l'ancienne école de la cité ouvrière l'ancienne école de la cité ouvrière
  • le pont sur la Tardes, en contrebas de la cité du Châtelet, et de la mine le pont sur la Tardes, en contrebas de la cité du Châtelet, et de la mine

Les origines

Ce sont les travaux de construction de la gare ferroviare de Budelière, réalisés en 1896, qui mirent à jour des filons de quartz contenant, outre de la pyrite, du mispickel, un minéral composé d'arsenic et d'or. Les premiers travaux de recherche souterrains pour rechercher un filon de minerai économiquement exploitable débutèrent en février 1905, conjointement à la construction d'une usine pour isoler l'or de la roche extraite. Le site, en plein développement, la Société des Mines d'Or du Chatelet est rapidement confrontée à un manque de main d'oeuvre. Ainsi, les premiers ouvriers présents sont forcés à de long déplacements, logeant pour la plupart sur les communes de Chambon-sur-Voueize, la commune thermale d'Evaux-les-Bains, distantes d'environ 8km. 

Les conditions de travail, difficiles, ne facilitent pas les recrutements. De même la société, récente, ne dégage pas suffisamment de profits et ne peut accorder des salaires identiques aux sites miniers existant dans la région, comme les charbonnages par exemple. Ajoutons également que l'exploitation, en raison des rejets de l'arsenic isolé après les traitements du minerai, n'a pas de bonne réputation. Malgré cela en octobre 1907, les effectifs sont de 184 pour la mine et de 195 pour l'usine, contre 137 pour la première et 85 pour la seconde en février. Si l'année 1908 est marquée par des licenciements, les recrutements reprennent en 1909.
C'est pourquoi, afin de fixer cette population ouvrière sur place, décision est prise d'acquérir des terrains pour y construire des logements.

L'édification du village 

Les premières constuctions voient le jour fin 1907. Ce sont tout d'abord des dortoirs, un logement pour le directeur. Il se situent dans les environs proches des installations minières. Les constructions suivantes se développent progressivement le long d'une voie étroite, et unique.
Aussi, cette cité ouvrière ne faire pas l'objet de plan concerté comme ont peut rencontrer dans les villes industrielles. Les maisons se répartissent le long d'une longue rue et seules les dernières maisons sont articulées autour d'une petite place marquant, avec l'école, la limite d'extension du hameau.
La cité comprend 112 logements, répartis en habitations individuelles et des constructions comprenant 2 ou 4 logements. Il faut attendre 1912 pour qu'un captage, établie sur la rivière de la Tardes en contrebas, et l'édification d'un château d'eau pour que les habitants puissent disposer d'un réseau d'assainissement. Jusqu'alors, deux puits creusés en 1910 permettaient l'alimentation en eau potable. 1912 est également l'année où l'école de la cité est édifiée.
La société des Mines d'or du Chatelet emploie environ 330 personnes à la mine et 240 à l'usine quand éclate la Première Guerre Mondiale. Avec la mobilisation, ce sont la majorité des cadres et des techniciens qui quittent le site, forçant la société à tourner au ralenti et les ouvriers non mobilisés à quitter la région. Comme le site industriel, la cité se vide également.  

Le Village, de 1918 à la fermeture des Mines d'Or du Chatelet

La reprise d'une reprise d'activité après 1919 s'accompagne progressivement d'une réoccupation des logements.
234 adultes est 130 enfants composent la population de la cité en 1934.
En 1955, la société des mines du Châtelet est contrainte à la cessation d'activité. C'est dans ce contexte difficile que la direction proposera aux locataires de pouvoir se rendre acquéreurs de leurs logements et habitations.