De la cessation d'activité au confinement de l'arsenic

De la fermeture au site orphelin

Durant la Seconde Guerre Mondiale, le prix de vente de l'or est bloqué, ce qui aggrave d'autant plus la situation économique de la société des Mines d'Or du Châtelet. A partir de 1944 l'Etat octroie une subvention aux producteurs d'or, pour compenser les coûts de production et les charges imposées par la guerre. Après 1945, son versement s'effectue avec beaucoup de retard, amenant les exploitants à négocier des avances auprès des banques. Les pertes financières s'accentuent.
En 1948, les mines du Châtelet emploient 78 personnes à la mine et 31 à l'usine. La hausse du prix de l'or, et le versement de subventions, permettent à la société de dégager un bénéfice, ce jusqu'en 1951. Mais on est loin de l'époque où ont travaillé jusqu'à 400 personnes.
Afin d'augmenter la production, les résidus des haldes sont en partis repris dans un atelier de débourbage. Cette recherche est nécessaire car les recherches de filons montrent que le gisement s'épuise, ce que montraient déjà les sondages menés avant la guerre. Les difficultés financières s'accentuent en 1952, avec un licenciement progressif des ouvriers. Les derniers ont lieu en 1955.

Après la fermeture, le site fut acheté par un particulier qui fonda la Société Minière et Métallurgique du Châtelet. Son objet, l'étude du traitement des minerais et l'exploitation de mines métalliques, donna lieu à une modification des anciens bureaux de la mine d'or, lesquels furent partiellement reconvertis en laboratoire.
L'ensemble des composantes industrielles du site furent démontées, et vendues aux ferrailleurs. Ne subsisteront que quelques bâtiments, comme la salle chaude des ouvriers, le transformateur. Seules les fondations des différentes unités industrielles subsisteront, ainsi que les produits toxiques. 
La société semble avoir cessé toute activité dans les années 1960, avec abandon des anciens bâtiments et de quelques centaines de tonnes de déchets.

  • L'ancien laboratoire, en permanence confronté aux difficultés à traiter un minerai hétérogène. L'ancien laboratoire, en permanence confronté aux difficultés à traiter un minerai hétérogène.
  • un des accès aux anciens bureaux un des accès aux anciens bureaux
  • Le laboratoire, au rez-de-chaussée Le laboratoire, au rez-de-chaussée
  • Les archives de la mine et de l'usine Les archives de la mine et de l'usine
  • le laboratoire, à l'étage le laboratoire, à l'étage
  • anciennes mines d'or du Châtelet anciennes mines d'or du Châtelet
  • les haldes de la mine les haldes de la mine
  • Cuve où la couleur rougeâtre témoigne de la présence de résidus cyanurés Cuve où la couleur rougeâtre témoigne de la présence de résidus cyanurés
  • une ancienne cuve de flottation, encore pleine de ses résidus, et les déchets de production. une ancienne cuve de flottation, encore pleine de ses résidus, et les déchets de production.
  • ancienne cuve épaississeuse. ancienne cuve épaississeuse.

L'impact environnemental

L'usine a produit environ 11 tonnes d'or. A une teneur moyenne en or de 20 grammes par tonne de minerai, on estime le volume de déchets déversés sur les haldes à 550 000 tonnes.
La nature complexe du minerai, un amalgame or-arsénopyrite (dit aussi mispisckel), a nécessité la mise en place de nombreux traitements. Ces derniers ne sont pas sans conséquences sur l'environnement.
Il s'agit tout d'abord de l'arsenic, dont la teneur peut atteindre plus de 10 kg par tonne de minerai. Cette libération avait obligé les exploitants à mettre en place plusieurs dispositifs afin de réduire les émissions dans l'atmosphère et la diffusion dans les eaux voisines. Cependant, ces contrôles se sont limités aux seules émissions de pollutions à court terme. Mais les considérations environnementales que nous connaissons aujourd'hui, n'avaient pas réellement cours à l'époque. On retrouve donc sur le site autant les boues issues des lavages des gaz que les résidus des différents traitements. Le taux d'arsenic peut ainsi atteindre 40% par endroits.  
Le broyage systématique du minerai pose également d'autres problèmes environnementaux. Les résidus, de taille très petite, sont plus facilement entraînés par les eaux pluviales et rejoignent ainsi la rivière attenante, la Tarde. 
On estime ainsi que les haldes des anciennes mines d'or du Châtelet libèrent entre 5 et 7 tonnes d'arsenic par an. A cela s'ajoutent les résidus cyanurés et l'acidification des eaux qu'accompagne la lente oxydation des minéraux composant ces particules de minerai. 

Le projet de confinement des pollutions

Bien que le site soit dangereux pour la santé, aucune intervention n'est menée. Site privé, cette responsabilité incombe au gestionnaire. Mais celui-ci ne répond plus présent et aucune démarche particulière n'est menée durant plusieurs années.
En 1990 le projet d'EDF, de mener d'importants travaux sur un barrage situé sur le Cher, attirent l'attention sur les risques environnementaux liés aux résidus toxiques présents sur les haldes.et les possibles conséquences sur le comportement des eaux. Mais le projet ne voit pas le jour.
L'année suivante, par un décret publié le 20 novembre 1991, le BRGM devient le nouvel attributaire de la concession minière. Dans le contrat de concession que signe l'établissement, celui-ci est seulement responsable des ouvrages et des installations relevant du code minier. Le BRGM n'a, par conséquent, aucune autorité sur les haldes avoisinantes, ainsi que les bâtiments de l'usine de traitement où seul le propriétaire peut intervenir. 

Le caractère orphelin du site est reconnu en 1998 (c'est-à-dire déclaré officiellement sans propriétaire).
L'année suivante le législateur révise le code minier, ce qui permet à l'Etat d'intervenir sur des sites où les gestionnaires auraient disparu, ou seraient défaillant. C'est ainsi que les services de l'Etat se penchent sur le dossier de réhabilitation des anciennes mines d'or du Châtelet et en confient le projet à l'ADEME. Conjointement à l'étude menée, le BRGM intervient à différentes reprises pour sécuriser les installations minières : démolition d'installations menaçant de s'effondrer, comme le puits du percepteur, le bâtiment du transformateur et de la salle des compresseurs, condamnation de galeries par l'injection de béton (et pose de drains). Une étude des eaux est également réalisée. 

Le projet de l'ADEME vise à confiner le site au maximum  avec, notamment, la construction d'une digue, la pose de géomembranes sur les haldes. Tous les bâtiments seront également détruits. Après plusieurs aléas dans la gestion du dossier, les travaux sont autorisés par arrêté préfectoral le 16 décembre 2008. 

Les travaux, ont débuté en 2010, s'achèvent en 2011.