Récupérer pour ré-employer, moins polluer

 

La récupération des poussières issues du broyage

En 1911, on évalue que les ateliers de broyage émettent entre 1100 à 1200 kg de poussière par jour, d'une teneur moyenne de 18 à 35g d'or par tonne. Outre la perte en minerai, ces poussières sont également nocives pour les ouvriers. Des aspirateurs à poussière sont alors installés dans les ateliers des broyeurs, et du séchoir. Un bâtiment permet leur stockage temporaire. Elles sont ensuite reprises dans un four spécifique (dit four à moufle).

 

La récupération et le traitement des suies

Le grillage du minerai produit une quantité importante de suies, riches en arsenic comme en or. Ces suies seront en partie récupérées dans un chambre de détente. Elles semblent conduites vers les fours à moufle.
A partir de 1926 l'usine des mines d'or du Châtelet traite ses suies dans un four de sublimation afin de produire de l'arsenic blanc, ce qui constitue une nouvelle ressource, mais également récupérer des particules d'or. Ces dernières sont ensuite réintroduites avec le minerai en cours de traitement. L'année 1926 permet ainsi de produire 16 tonnes d'arsenic. 

Ce traitement ne s'effectue pas sur l'ensemble de l'année, mais par campagnes. Le taux de rendement de la sublimation, de 60%, n'est pas satisfaisant, ce qui a probablement amené les exploitants à vendre les résidus de sublimation à une entreprise spécialisée, plutôt que de chercher à les réintégrer dans le process de traitement.

  • La première usine, et sa cheminée fumante, vers 1906 La première usine, et sa cheminée fumante, vers 1906
  • anciennes mines d'or du Châtelet, les restes de la chambre de poussière... anciennes mines d'or du Châtelet, les restes de la chambre de poussière...
  • ...où un visiteur a laissé sa trace ...où un visiteur a laissé sa trace
  • anciennes mines d'or du Châtelet, l'ancienne chambre de détente. anciennes mines d'or du Châtelet, l'ancienne chambre de détente.
  • Les trémies de la chambre de détente. Les trémies de la chambre de détente.
  • La chambre de détente avec, sur sa droite, le départ du carneau menant à la cheminée. La chambre de détente avec, sur sa droite, le départ du carneau menant à la cheminée.
  • La cheminée de l'usine, au milieu des résidus de grillage, de suites extraites du carneau. La cheminée de l'usine, au milieu des résidus de grillage, de suites extraites du carneau.
  • Dans le carneau de la cheminée, avec les ouvertures permettant d'y accéder pour la récupération de résidus. Dans le carneau de la cheminée, avec les ouvertures permettant d'y accéder pour la récupération de résidus.
  • A droite la station de lavage des gaz avec, à sa gauche, le puits du percepteur A droite la station de lavage des gaz avec,  à sa gauche, le puits du percepteur
  • Le carneau de la cheminée Le carneau de la cheminée
  • Le carneau de la cheminée et la chambre de détente Le carneau de la cheminée et la chambre de détente
  • La jonction entre le carneau de la cheminée et la chambre de détente La jonction entre le carneau de la cheminée et la chambre de détente
  • les restes des installations de lavage, et les bassins de décantation les restes des installations de lavage, et les bassins de décantation
  • le bassin de décantation des tours de lavage des gaz et sa forme typique pointue le bassin de décantation des tours de lavage des gaz et sa forme typique pointue
  • Dans les fondations des anciennes tours de lavage des gaz Dans les fondations des anciennes tours de lavage des gaz
  • L'ancienne chambre de lavage des ouvriers. L'ancienne chambre de lavage des ouvriers.
  • Dans l'ancienne chambre de lavage des ouvriers, transformée en entrepôt Dans l'ancienne chambre de lavage des ouvriers, transformée en entrepôt
  • Les installations du four à chloruration (à droite) à côté des fours Merton. Les installations du four à chloruration (à droite) à côté des fours Merton.
  • Année de construction, 1938. Année de construction, 1938.
  • Jeu de perspectives Jeu de perspectives
  • Base du four rotatif.du four à chloruration Base du four rotatif.du four à chloruration

Dans un courrier daté du 1er mai 1931, on lit : 
" nous avons passé des suies à l'usine au cours des mois de septembre à novembre 1930. Il a été traité en tout 625 tonnes, contenant 11,889 kg d'or (soit une teneur de 19 gr. environ), et on en a retiré 9,226 kg d'or fin. (...)
Nous estimons le tonnage restant à traiter à 2000 tonnes (à la même teneur de 19gr., ce qui représente donc 38kgs d'or)."

Le lavage des gaz

Les installations de l'usine se répartissent sur un flanc de coteau. Les fumées fumées produites par les différents ateliers de grillage et de fusion sont centralisées dans un conduit qui les acheminait vers la cheminée (un carneau), situé sur les hauteurs de l'usine.
Dans ce conduit, d'une hauteur d'environ 1,5 mètres, on peut remarquer plusieurs points d'accès où on imagine les ouvriers entrer pour y récupérer les résidus qui auraient pu se déposer.
Après la mise en service de l'usine, ses impacts sur l'environnement se firent sentir très rapidement : dépérissement de la végétation, mort de quelques vaches, ouvriers malades. Outre de l'arsenic, l'usine rejetait du soufre, mais également une partie de l'or tant convoitée!

Le conseil d'administration prendra la décision, en 1911, de construire une station de lavage des gaz. Elle sera mise en service en 1912. Les boues issues de ce traitement, étaient ensuite dirigées vers un bassin de décantation à la forme particulière, dite de caisse pointue (spitz kasten), ce qui permettait notamment de réduire les émissions d'arsenic dans la rivière. Les boues étaient reprises et retraitées, notamment par une nouvelle étape de grillage.
Une chambre de lavage pour les ouvriers chargés de la récupération des boues sera également aménagée à proximité.  Voyons maintenant comment les exploitants ont envisagé le traitement des résidus de cyanuration. 

Le traitement des résidus de cyanuration 

En 1935 et 1936, la société mènera des recherches en vue de mettre en place un traitement permettant le traitement des résidus (rouges) de cyanuration isolés après leur passage dans les filtres Ridgway. Ils donneront lieu à la construction d'un atelier établi sur l'emplacement de deux fours Merton, démontés.
Ce procédé vise à soumettre les résidus à un grillage chlorurant, d'où le nom de chloruration donné à ce traitement. Le principe consiste à mélanger, dans un four tournant chauffé à 900°C, les résidus de cyanuration avec du chlorure de sodium (du sel!). Il se forme des chlorures gazeux qui, une fois condensés dans des tubes métalliques par un arrosage constant d'eau, permet de récupéer des particules d'or. Cette partie, colonisée par des chauve-souris sera conservée lors des travaux de démolition.
La construction s'effectuera en 1938. Mais la déclaration de Guerre contre l'Allemagne nazie, un an plus tard, réduira ces efforts à néant.

La société conservera une activité réduite durant le conflit mondial, mais verra les difficultés s'accroître, amenant à l'inévitable fermeture. Examinons en les principaux éléments.