Des filons aurifères aux confins de la Creuse

 

Quelques mots de géologie

Les terrains qu'on rencontre dans le département de la Creuse appartiennent à l'ancienne chaîne hercynienne, formée à l'Ere primaire. La région de Budelière, voisine du département de l'Allier, se situe sur les premiers contreforts du massif central. 
Le sous-sol de la région a livré de nombreuses richesses minérales et hydrothermales. Citons les sources thermales de Néris les Bains et les mines de charbon de Commentry à quelques kilomètres de Montluçon, dans l'Allier voisin, les thermes d'Evaux-les-Bains. Ces derniers, connus depuis l'époque romaine, se situent à quelques kilomètres du gîte aurifère de la commune de Budelière et plus particulièrement du Châtelet.  

Si on a coutume de voir l'or sous sa forme libre, image largement véhiculée par la fièvre de l'or qui anima les Etats-Unis, largement relayée par le cinéma, celui-ci est le plus généralement associé à d'autres minéraux comme l'antimoine ou de l'arsénopyrite, minéral qu'on appelle également mispickel. C'est ce dernier que l'on rencontre dans la région de Budelière. Ces sulfures se sont répartis dans les réseaux faillés du granit pour former, avec le quartz, des filons d'environ un mètre d'épaisseur. L'or se trouve dissémine dans le réseau cristallin du mispickel, où il forme des lentilles ou des colonnes.  "Le minerai contient en moyenne 2,5 à 3% de mispickel" (Guiollard).

"L'exploitation porte sur un groupe de neuf filons occupant en largeur environ 500 m, et une longueur de 1500 m, entre la ferme d'Ayen, au sud de la Tardes, et la gare de Budelière, au nord. Ces filons qui sont dans l'ensemble sensiblement parallèles entre eux, se rejoignent cependant par un réseau de veines secondaires transversales, qui constituent un stockwerk très étendu et très complexe" (bulletin de la société de l'Industrie minérale, juin 1914). 

La quantité d'or moyenne, par tonne de minerai, est d'une vingtaine de grammes.

  • L'usine des mines d'or du Châtelet, années 1930 L'usine des mines d'or du Châtelet, années 1930
  • les premiers travaux souterrains du filon Berthe, avant le développement de la mine les premiers travaux souterrains du filon Berthe, avant le développement de la mine
  • L'usine des mines d'or du Châtelet, les installations vers 1905 L'usine des mines d'or du Châtelet, les installations vers 1905
  • Dans les environs de l'usine, les terrains signalés comme pollués Dans les environs de l'usine, les terrains signalés comme pollués
  • anciennes mines d'or du Châtelet, le puits du percepteur anciennes mines d'or du Châtelet, le puits du percepteur
  • anciennes mines d'or du Châtelet, les bureaux anciennes mines d'or du Châtelet, les bureaux
  • anciennes mines d'or du Châtelet, carotages anciennes mines d'or du Châtelet, carotages
  • anciennes mines d'or du Châtelet, vestige anciennes mines d'or du Châtelet, vestige
  • anciennes mines d'or du Châtelet, vestige anciennes mines d'or du Châtelet, vestige
  • anciennes mines d'or du Châtelet, les ouvriers anciennes mines d'or du Châtelet, les ouvriers

Les premières heures du puits du percepteur

Les premiers filons aurifères furent découverts en 1896, lors de la construction de la gare de Budelière. Une prospection dans le secteur permit de trouver d'autres traces dans le hameau du Châtelet. Le découvreur, Théodore Lassalle tenta de fonder une société, mais l'administration refusa sa demande de concession. 

C'est à Hyppolyte Marlot qu'on doit l'origine de la société, grâce aux différentes observations et analyses qu'il mena à partir de 1902. En février 1905, les premiers ouvriers donnent de la pioche dans deux filons auxquels on donne les noms d'Emile et Berthe. A proximité, on construit une première usine pour le traitement du minerai. En juin commence le fonçage d'un puits au lieu-dit du Châtelet. Les travaux sont inaugurés par le percepteur de Chambon. Si le nom du fonctionnaire est oublié, sa fonction a donné son nom au puits. Si deux autres puits, dénommés puits Hippolyte et puits de la Montenelle, seront creusés, le puits du Percepteur devient rapidement le point névralgique et central de l'exploitation.

Cet ouvrage sera foncé jusqu'à la profondeur de 263 mètres. A partir de celui-ci, et de galeries horizontales comme les sondages Berthe et Emile, les ingénieurs chargeront les mineurs de dresser tout un quadrillage souterrain afin de repérer les différents filons avant d'en faire évaluer la teneur en or par les chimistes puis organiser l'extraction du minerai. 

Les documents d'archives nous apprennent comment, en 1926, fonctionnait la circulation dans ce puits  (archives privées) :

A la fermeture de la mine, le chevalement du puits du Percepteur, une fois démonté, aurait été remonté sur la mine de fluorine de la Voltenne (Morvan) que deux amis, Amm et Tchorski, ont abondamment parcourus.