Une centrale électrique à Glaire, Ardennes (détruit)

une annexe de la société des aciéries de Longwy, siège de Sedan

 

La distribution de l'énergie dans les Ardennes, durant le 1er quart du XXe siècle.

Dans le premier quart du XXe siècle, la distribution en électricité n'était pas aussi structurée comme elle l'est en ce premier quart du XXIe siècle.
Dans les Ardennes, la distribution de l'énergie s'effectue au travers de deux sociétés, la Société des Ardennes électriques et la Société de l'Est électrique. Cette dernière possédait la plus importance centrale du département, située sur la commune de Mohon, voisine de Charleville-Mézières. Cette installation couvrait une grande partie des industries du département mais n'était pas suffisante.
A côté de ces sociétés, de nombreuses entreprises se dotaient de leurs propres équipements, pour répondre de manière plus efficace à leurs besoins. On rencontre ainsi des centrales hydroélectriques, comme la centrale des établissements Porcher à Revin, ou des centrales au charbon. C'est le cas de la centrale que la société des aciéries de Longwy construisit sur la commune de Glaire, en 1922 et qu'on se propose de vous faire découvrir ici.

  • La centrale en construction (1922) La centrale en construction (1922)
  • Le bâtiment durant l'été 2009. A gauche, les chaudières, à droite, les turbines Le bâtiment durant l'été 2009. A gauche, les chaudières, à droite, les turbines
  • La salle des chaudières, et la végétation galopante La salle des chaudières, et la végétation galopante
  • Dans la salle des chaudières, vestige d'une base de cheminée Dans la salle des chaudières, vestige d'une base de cheminée
  • Toiture et vestige d'une cheminée, mal en point Toiture et vestige d'une cheminée, mal en point
  • Vestige de cheminée Vestige de cheminée
  • Dans la halle au charbon, vestige de pont roulant Dans la halle au charbon, vestige de pont roulant
  • Vue d'ensemble depuis la plate-forme des turbines Vue d'ensemble depuis la plate-forme des turbines
  • Le socle des turbines Le socle des turbines
  • Le socle des turbines et, en étage, la salle des rhéostats Le socle des turbines et, en étage, la salle des rhéostats
  • Les turbines et leur panneau de contrôle en arrière plan ( 1922) Les turbines et leur panneau de contrôle en arrière plan ( 1922)
  • Emplacements ayant accueilli des rhéostats Emplacements ayant accueilli des rhéostats
  • L'ancien emplacement des panneaux de contrôle, vandalisé L'ancien emplacement des panneaux de contrôle, vandalisé
  • Les panneaux de contrôle Les panneaux de contrôle
  • Rhéostats Rhéostats

La Société des aciéries de Longwy dans les Ardennes

En 1937, la Société des Aciéries de Longwy compte quatre usines de production dans les Ardennes. A sedan tout d'abord, avec deux unités.
La première compte un ensemble de laminoirs à tôle, spécialisés dans la fabrication des tôles moyennes (2 à 8 mm) destinées aux constructions légères, l' emboutissage, carosserie, etc... On y produit également des tôles fines (de 4/10e de mm à 2mm) de toutes qualités: recuites en vase clos, à simple ou double décapage: tôles glacées, tôles lustrées pour emboutissage, fumisterie, carrosserie, enveloppes de cylindres, etc., ainsi que des tôles galvanisées, planes et ondulées.

La seconde unité est une  fonderie de fonte, avec ateliers d'usinage, spécialement équipée pour la fabrication des grosses pièces, et en particulier des cylindres de laminoirs et des lingotières. La Société des Aciéries de Longwy loue également à la Société des Forges de Brévilly les lamimoirs à petits fers, qui produisent, avec les laminés marchands de petites dimensions, les profils spéciaux utilisés dans la menuiserie métallique, la tonnelerie, etc... Enfin, elle exploite également les laminoirs des Forges de Phade, qui produisent des tôles plombées et galvanisées de qualité spéciale.

Au vu de l'implantation de la société, il semble logique que sa direction a souhaité doté ses usines de sa propre centrale thermique. Ce projet intervient également dans un contexte particulier, celui de la reconstruction industrielle du département qui suivent la Première Guerre Mondiale, et l'occupation du département par les troupes ennemies durant les quatre années du conflit mondial. C'est en effet en 1922 que débutent les travaux de construction de la centrale.
Son implantation ne doit rien au hasard: elle borde la Meuse, et la voie ferrée, par laquelle transitent les matières premières nécessaires à son fonctionnement.
Le bâtiment compte trois parties:  un hangar qui servant au stockage du charbon, la chaufferie (dont un vestige de cheminée est encore visible) et le bâtiment des turbines.

Ce site est aujourd'hui détruit (démolition intervenue en 2013/2014).

Bibliographie

- l'Orientation économique, industrielle et financière illustrée (supplément au numéro 20, février 1937)
- Lucien Hubert. Renaissance d'un département dévasté. Paris, 1922.
- La Reconstitution des Régions dévastées. Le Monde Illustré, tome huitième, Les Ardennes 1918-1921, Paris, 20 août 1922.