Vestige de briqueterie à Chatenois, Bas-Rhin

La briqueterie du Heidenbuhl se trouve dans la forêt communale de la commune du Châtenois, département du Bas-Rhin. Ce territoire connut de nombreuses tuileries et briqueteries qui ont fait l'objet d'une étude documentée par une association d'histoire locale.
Ce reportage s'attarde plus particulièrement sur un de ces sites situé sur le massif forestier du Heidenbuhl et qui a donné son nom à la société.
Tous mes remerciements à Monsieur Emile Rapp, qui a vécu sur le site durant son enfance.

Reportage photographique réalisé en avril 2010.

 

  • Cheminée pour les appels d'air dans le four Cheminée pour les appels d'air dans le four
  • dans le four, conduite de circulation de l'air dans le four, conduite de circulation de l'air
  • Dans le four, vestige d'une aération Dans le four, vestige d'une aération
  • Dans le four. Dans le four.
  • Vestige de porte du four Vestige de porte du four
  • Vue d'ensemble sur plusieurs portes du four Vue d'ensemble sur plusieurs portes du four
  • Vue d'ensemble sur plusieurs portes du four Vue d'ensemble sur plusieurs portes du four
  • Socle de cheminée et la conduite acheminant l'air depuis la cheminée au four Socle de cheminée et la conduite acheminant l'air depuis la cheminée au four
  • chambre de séchage chambre de séchage
  • les chambres de séchage les chambres de séchage
  • les chambres de séchage les chambres de séchage
  • Seconde cheminée, en sortie des chambres de séchage Seconde cheminée, en sortie des chambres de séchage
  • à l'extérieur de la forge à l'extérieur de la forge
  • l'entrée de la forge l'entrée de la forge
  • Dans les vestiges de l'ancienne forge Dans les vestiges de l'ancienne forge
  • Faune locale au pied du malaxeur Faune locale au pied du malaxeur
  • la machinerie du malaxeur d'argile la machinerie du malaxeur d'argile
  • les roues chargées de malaxer l'argile brute arrivée de la carrière les roues chargées de malaxer l'argile brute arrivée de la carrière
  • Le malaxeur, première étape de la fabrication des briques Le malaxeur, première étape de la fabrication des briques
  • le malaxeur, qui homogénéisait l'argile brute fraîchement extraite le malaxeur, qui homogénéisait l'argile brute fraîchement extraite
  • le malaxeur, qui homogénéisait l'argile brute fraîchement extraite le malaxeur, qui homogénéisait l'argile brute fraîchement extraite
  • Socle de cheminée et la conduite acheminant l'air depuis la cheminée au four Socle de cheminée et la conduite acheminant l'air depuis la cheminée au four
  • Vestiges de la maison du chef de chantier Vestiges de la maison du chef de chantier
  • Cheminée pour les appels d'air dans le four Cheminée pour les appels d'air dans le four
  • A l'intérieur du four. Au dessus de la porte, des orifices pour la circulation de l'air A l'intérieur du four. Au dessus de la porte, des orifices pour la circulation de l'air
  • A l'angle d'une des deux cheminées A l'angle d'une des deux cheminées

Quelques éléments historiques

L'ancien site industriel se situe à proximité d'une route départementale. Si on devine des vestiges le long de la route, le site se repère principalement  à l'existence de deux hautes cheminées, dont nous nous attarderons plus loin sur leur rôle.
La briqueterie fut fondée au milieu du XIXe siècle et fonctionna jusque dans les années 1950 où, faute de mécanisation, d'une bonne argile, cessa toute activité. Au maximum de son activité, le site employa jusquà une cinquantaine de personnes. Certaines logeaient dans des logements situés à proximité, aujourd'hui détruits. Seuls subsistent les vestiges de la maison du responsable du site, où grandit la personne qui a permis une meilleure lecture des lieux.

Si la fabrication des briques reste l'activité principale, des essais de production de tuiles fut également testée. Néanmoins, la qualité de l'argile extraite était insuffisante pour la fabrication de tuiles de qualité.

 

L'origine de l'argile

L'argile provenait de deux carrières. La plus proche, située à proximité du site est aujourd'hui reconvertie en centre de stockage de déchets ménagers. La seconde se situe en forêt, à environ deux kilomètres du site. A pieds! L'argile extraite était acheminée par le biais d'une tyrolienne sur laquelle circulait des wagonnets. Les points d'ancrage de ce dispositif ont quasi tous disparus.
La chaîne de fabrication débute avec le traitement de l'argile par un malaxeur dont subsiste les deux meules ainsi que leurs axes d'entraînement. L'argile était malaxée afin d'obtenir des particules homogène.
Au malaxage succédait l'étirage de l'argile le long d'un long tapis roulant sur lequel était appliqué les gabarits des briques. Celles-ci étaient ensuite acheminées vers l'aire de séchage, étape précédant la cuisson.

 

Le séchage

Après moulage, les briques ou tuiles étaient acheminées vers le séchage. Celui-ci était en partie réalisé grâce à la récupération des fumées de combustion de la cuisson, recanalisées après leur sortie du four.

 

la cuisson des briques et le four Hoffmann

Après séchage les briques, et à une certaine époque les tuiles, étaient cuites dans un four Hoffmann. Le four de ce site est en majeure partie effondré et seules quelques chambres restent accessibles.
Ce procédé de four fut développé en Allemagne au milieu du XIXe siècle (procédé breveté en 1858). Un four Hoffmann se présente sous la forme d'un anneau segmenté en chambres (de 12 à 20) où sont entreposés les briques, ou tuiles, à cuire. Une fois les briques, ou les tuiles, installées, ces portes étaient murées, de même que les accès aux chambres voisines. Ensuite, des ouvertures ménagées sur le dessus des chambres permettaient d'y déverser de la lignite et ainsi cuire l'argile.
Le feu était maintenu en permanence dans le four. Les techniciens le 'déplaçaient' en déversant la lignite dans les pots situés sur la partie supérieure, au fur et à mesure de l'enfournement de nouvelles briques, ou tuiles. Ainsi, les parties situés en amont du 'feu' refroidissaient tandis que celles situées en aval préchauffaient, ceci grâce à un système de circulation de l'air (conduites) établi sur le périmètre du four. L'ai était introduit depuis l'une des extrémités de la structure, point névralgique identifiable à la présence d'une cheminée. Ensuite, l'air chaud était redigiré pour le séchage des briques ou tuiles fraîchement fabriquées. Du moins, c'est ce qu'on observe pour la briqueterie du Châtenois, et explique la présence de suie.

 

Quelques éléments de bibliographie

-article four Hofmann dans wikipedia.
- Présentation d'un four Hoffmann sur un four de la région de Tarbes, étudié par l'Inventaire.
- Le site de la commune de Châtenois
- Un autre exemple de four chez Tchorski