L'usine élévatrice de Condé-Sur-Marne

Usine élévatrice d'eau pour alimenter le canal de l'Aisne à la Marne. Visite réalisée avec les services VNF.

les abords

les abords

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L'usine élévatrice de Condé sur Marne, les abords

dans l'ancienne usine élévatrice

dans l'ancienne usine élévatrice

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La machinerie

quelques vues aériennes

quelques vues aériennes

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Vues aériennes

Le canal de l'Aisne à la Marne relie Condé-sur-Marne à Berry-au-Bac. Ce canal de jonction, d'une longueur de 58 kilomètres, compte 24 écluses et, au point de partage situé au Mont de Billy, un tunnel.

La construction de ce canal début en 1841 et s'acheva en 1866. La mise en eau de la section comprise entre Berry-au-Bac et Reims s'effectua en 1848 et celle entre Reims et Condé-sur-Marne en 1857. Cette dernière mise en eau révéla des problèmes d'alimentation en eau du canal relativement important. Outre l'insuffisance des points d'alimentation, le sous-sol crayeux entraînait de profondes pertes, obligeant au bétonnage de cette section. Ces travaux, qui s'achèvent en 1861, ne seront pas suffisants.

Aussi, on envisage d'établir un point de pompage sur la Marne, puis d'amener l'eau jusqu'au point de partage du Mont de Billy par le biais d'une conduite. L'usine de pompage sera construite à Condé- sur-Marne. Le décret est signé le deux décembre 1865, le marché de travaux en 1867. Les travaux s'achèvent en 1869.

A l'origine, les eaux qui alimentent l'usine ne proviennent pas des environs de Condé-sur-Marne, mais sont captées au voisinage de Châlons-en-Champagne. Elles sont acheminées jusqu'aux pompes par une rigole d'alimentation, sorte de petit canal, d'une longueur d'environ 15 kilomètres et capable d'assurer un débit d'eau de 12 mètres cubes par seconde. Cette rigole débouche sur une chute d'eau de six mètres. Cette hauteur de chute permettait de donner la force nécessaire aux cinq turbines de l'usine pour faire fonctionner les six pompes de l'usine. Ces pompes, en effet, devaient faire remonter l'eau vingt mètres plus haut, cette hauteur correspondant à la différence d'altitude entre Condé-sur-Marne et le point d'alimentation au tunnel du Mont de Billy où elles sont acheminées via un aqueduc.

 

Après la Première Guerre Mondiale, le principe de fonctionnement de l'usine évolue. Les pompes ne seront plus activées par les eaux de la rigole mais par des moteurs diesel, lesquels sont installés dans un nouveau bâtiment érigé entre 1923 et 1927. En 1933, les installations du premier bâtiment sont remplacées par des turbo-alternateurs qui alimentent en électricité les motrices chargées de tirer les bateaux le long du canal comme les pompes.

Les péniches, de plus en plus autonomes, amènent l'exploitant à modifier de nouveau la configuration du site. Les pompes sont démontées du second bâtiment, leur nombre réduit de cinq à trois, et leur configuration ré-adaptées pour êtres remontées dans le bâtiment d'origine. Elles fonctionnement jusqu'à leur complet arrêt en 1983. Trois pompes électriques submersibles, submergées dans la fosse de pompage les remplacent. Ce matériel, le plus puissant alors disponible, fait de l'usine de Condé-sur-Marne la détentrice du record européen dans ce domaine d'activité. Ces pompes sont toujours actives en 2009.