Les carrières d'Euville (55)

La pierre d'Euville est une pierre réputée. Elle trouve son origine dans les mers du Jurassique supérieur, il y a 155 millions d'années, sous la forme d'un ensemble récifal et d'un lagon où viennent s'entasser les crinoïdes. Ces dépôts sédimentaires prennent, à Euville, la forme de lentilles qui seront exploitées pour la construction.
Les différents reportages photographiques ont été réalisés entre 2009 et 2012.

L'extraction à ciel ouvert

L'extraction à ciel ouvert

25 photos

L'extraction à ciel ouvert

la partie souterraine

la partie souterraine

26 photos

La carrière souterraine

Ateliers de sciage

Ateliers de sciage

19 photos

Ateliers de sciage

Le village des carrières

Le village des carrières

10 photos

Le village des carrières d'Euville

Quelques notes sur l'histoire du site
Les documents les plus anciens qui attestent de l'existence de carrières de pierre à Euville sont datés de 1574. Le calcaire qu'on y extrait est employé pour la construction de maisons et d'édifices localement ou sur la région de Nancy (palais et monuments de Nancy, basilique de Saint-Nicolas de Port).

Eloignée des grands axes de communication, cette activité ne prend pas de réelle ampleur et l'utilisation reste essentiellement locale. Ce contexte change radicalement avec l'entrée dans la seconde moitié du XIXe siècle.
En 1838 débutent les travaux de creusement du canal permettant de relier la Marne au Rhin (jonctions établies à Vitry-le-François et Strasbourg). La construction des ouvrages d'art qui seront répartis le long des 312 km du projet nécessite l'exploitation de plusieurs carrières, auquel figurera Euville, pour la qualité reconnue non gélive de sa pierre et de sa résistance à la pression. Le canal entre en service en 1853. La même année, la voie ferroviaire qui relie Paris à Strasbourg entre également en service.
A une époque où les carrières des environs de Paris ne sont plus suffisantes pour répondre aux besoins croissants (c'est à cette époque qu'Haussmann lance ses travaux de transformation de la capitale), ces deux axes de communication créent un cadre favorable à l'implantation de sociétés à la recherche de matériaux de construction. C'est ainsi que trois entrepreneurs s'associent, M. Civet, Crouet, et Gautier, pour exploiter la pierre d'Euville. (qui devient la société Civet-Pommier et Compagnie en 1898), voit arriver son premier chargement sur la capitale, et plus précisément l'entablement du Pont Neuf, le 9 mars 1853.
Outre Euville, la société ouvrira également, en Lorraine, les carrières de Lérouville et de Savonnières en Perthois.

Le site des carrières d'Euville se subdivise en quatre unités : la carrière de la tranchée, la sablière, la grande et la vieille carrière. Si la société est propriétaire des trois premiers sites, la dernière est une concession communale dont le bail est revu, par adjudication, tous les 8 ans environ. C'est ainsi qu'une autre société, la société Fèvre et Compagnie, obtient l'autorisation d'exploiter le site de la vieille carrière en 1900. Elle en obtiendra de nouveau l'autorisation en 1908, 1917 et ce, jusqu'à l'arrêt de l'activité sur cette partie du site.

Si ces quatre carrières sont aujourd'hui fermées, l'exploitation se poursuit à quelques centaines de mètres de la vieille carrière par la société Rocamat, société dont on retrouve les origines en 1853 en la personne de MM. Civet, Crouet et Gautier.

Et aujourd'hui?
Les anciennes carrières font, quant à elles, l'objet d'un projet de valorisation patrimonial et touristique. Les locaux de l'ancienne carrière Fèvre accueillent une association, l'ADCPE (Association de Développement du Circuit de la Pierre d'Euville). Son équipe anime le site en développant un panel d'activité, pour les petits comme les plus grands, sur les aspects géologiques et historiques de la région, et sur les sciences de manière plus générale.