Ardoisières de Rimogne

Les traces d'extraction d'ardoise les plus anciennes à Rimogne, identifiées, sont datées de 1158. Comme à Fumay, Monthermé, ces exploitations sont initiées par des communautés religieuses. L'exploitation s'effectue alors à ciel ouvert. Leur présence dans cette économie locale semble perdurer jusqu'au XVIe siècle où elle décline progressivement au profit des laïcs qui se portent acquéreur d'anciennes concessions. C'est le cas notamment en 1663 pour la fosse d'Hallevoye. Cette exploitation se situe sur le périmètre de la fosse Saint Quentin. Il en va de même pour les fosses Pierka et la Grande Fosse.

Néanmoins seule l'ardoisière de la Grande Fosse est en activité en 1725. En 1767, Pierka est remise en activité et la fosse Saint Quentin en 1776. En 1779, la Grande Fosse est rachetée par la famille Rousseau qui entreprend sa modernisation, notamment par de nouvelles techniques d'épuisement des eaux. Leur savoir-faire leur permet de prendre une avance décisive et d'étendre leur influence sur le territoire. Elle se traduit tout d'abord par le rachat des autres exploitations puis de leur regroupement au sein d'une même société fondée en 1831, la Compagnie des ardoisières de Rimogne et de Saint-Louis sur Meuse. Elle comprend alors 11 exploitations réparties sur Rimogne, Deville, Monthermé, Château-Regnault, Eteignières.

D'autres sociétés verront le jour, nouvelles ou reprenant d'anciens tréfonds : Truffy et Pierka en 1836, la Fosse aux Bois en 1839, la Rocaille en 1840, la Richolle en 1842. Ces différentes ardoisières seront progressivement rachetées par la Société des Ardoisières de Rimogne.

La compagnie des ardoisières de Rimogne et Saint-Louis sur Meuse emploie 600 ouvriers quand éclate la Première Guerre Mondiale. La pénurie de main d'oeuvre dans les années 1920 amène l'embauche d'ouvriers étrangers. Cette difficulté s'accentue après la seconde guerre mondiale.


En 1946, la Compagnie fait place à une société d'exploitation et à une société de commercialisation et de transformation par broyage, la Société Industrielle et Commerciale Ardennaise (S.I.C.A). Elle compte deux sièges d'exploitation : la Grande Fosse et Truffy, la production annuelle est alors de 4000 tonnes d'ardoises.

La Grande Fosse ferme en 1948. En 1961, les exploitants remettent en activité le site Saint-Quentin en le dotant d'un chevalement métallique qui permet d'accéder aux chantiers souterrains par le biais d'un ascenseur. De nouvelles techniques d'extraction, par havage, sont également testées. En 1965 la société rachète les ardoisières de Fumay encore en activité, Saint-Joseph et la Renaissance. Ces démarches fragilisent l'équilibre financier de la société, dans un contexte économique difficile ayant pour origine le blocage des prix, le développement d'autres matériaux de couverture, la concurrence. La société dépose le bilan en 1969. La fermeture, devenue inéluctable, est confirmée en 1971. Seule l'activité de broyage, lancée en 1934, est maintenue.

Renwez, ardoisière Rigault

Renwez, ardoisière Rigault

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ardoisière Rigault, commune de Renwez

Rimogne, fosse saint Brice

Rimogne, fosse saint Brice

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Rimogne, fosse Saint Brice

Rimogne, fosse Saint Quentin

Rimogne, fosse Saint Quentin

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Rimogne, ardoisière dite fosse Saint Quentin

Rimogne, ardoisière Truffy

Rimogne, ardoisière Truffy

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Rimogne, ardoisière Truffy