Haybes, ardoisière de l'Espérance

Ce site fait actuellement, en 2015, l'objet d'une réhabilitation importante. Les illustrations qui suivent ont été réalisées bien avant le début des travaux.

La société de l'ardoisière de l'Espérance est fondée en 1841. L'exploitation ne se situe pas au cœur de la commune de Haybes, débordant sur son cimetière, mais au débouché de l'actuelle rue de l'Espérance, avant la grande descente vers Fumay.
A ces débuts, cette ardoisière de Haybes fonctionne avec des moyens rudimentaires. Vingt ouvriers y travaillent en 1843, et le pompage de l'eau des tréfonds s'effectue par des pompes à bras, la remontée de la pierre à dos d'hommes.
La modernisation du site interviendra plus tard avec la mise en place d'une descenderie. Ce bâtiment, reconverti en habitation, est encore bien visible avec, sur l'arrière, une passerelle qui devait permettre l'acheminement des wagonnets d'ardoise vers les ateliers de fendage.

En 1865, devant le coût onéreux des travaux et l'impossibilité d'étendre la concession, car contiguë de l'ardoisière Belle-Rose, les exploitants de l'ardoisière de l'Espérance fondent une nouvelle société chargée de mettre en chantier un nouveau siège d'extraction, lsociété qui prend le nom de Nouvelle-Espérance. Elle s'appuie sur vingt-deux hectares de tréfonds acquis auprès de particuliers, et dix-sept hectares que lui concède la commune. Une douzaine de sondages sont menés avant que ne soit arrêté le nouveau point d'implantation de la galerie principale.
Dans un ouvrage, on peut également trouver l'histoire suivante : « sur la trace supposée des affleurements, masqués par quelques mètres de diluvium, des personnes intéressées à l'affaire parcouraient le terrain et discutaient chacun à leur manière le nouvel emplacement des travaux, quand l'un deux le proposa là où sa casquette retomberait après avoir été lancée au hasard les yeux fermés ».
Dans les dernières années du siècle, le plan incliné de l'ardoisière de la nouvelle Espérance atteint les 500 mètres de long. On y produit en moyenne vingt millions d'ardoises par an, tous modèles confondus.

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Avec la Première Guerre Mondiale, l'ensemble de l'appareil de production ardoisier est mis à sac par l'occupant. Après la guerre, l'Espérance est un des premiers sites à commencer le dénoyage de ses chantiers souterrains : « six mois après l'armistice, et alors que les communications avec le reste du pays étaient toujours des plus précaires (...) par des moyens de fortune » (Le journal des Ardennes).
L'exploitation accueille également une école d'apprentis, école où les futurs ardoisiers sont formés par des techniciens spécifiquement désignés, plusieurs bâtiments sont construits dans le cadre d'un projet paternaliste : salle des fêtes, cinéma, logements. En 1921, son directeur, Louis Jacquet, impulse la fondation d'une pharmacie mutualiste. Mais la crise économique rompt les avancées de ce projet.

Fin 1931, toutes les ardoisières de Fumay et de Haybes cessent leur activité. En 1932, les dirigeants de l'Espérance décident de suspendre toute activité sur Saint-Antoine où on laisse l'ennoyage gagner. L'année suivante, en revanche, ils tentent une reprise d'activité sur le site même de l'Espérance en faisant travailler cent soixante ouvriers une semaine sur deux entre le 10 janvier et le 29 février 1932. Après le 1er mars, dix ouvriers restent occupés dans les travaux souterrains, et il faut attendre le mois de novembre pour voir une reprise d'activité dans les ateliers de fendage, avec vingt et une personnes. Cette activité minimale perdure en 1933 mais la fermeture devient inéluctable et la société des ardoisières de la nouvelle Espérance disparaît début 1934.
Quelques années plus tard, le site sera reconverti en centre de formation professionnelle, fonction qu'il conservera jusqu'en 1962. Il accueillera quelques entreprises, des associations locales. Quelques ateliers qui accueillaient les fendeurs sont encore visibles mais la majeure partie du site est laissée à l'abandon.