Haybes, ardoisière (Saint Lambert) Belle Rose

Le site de l'ardoisière Belle Rose marque le paysage avec le grand mur de soutènement qui longe la Meuse et l'importante scierie qui s'est développée depuis la fermeture de la carrière souterraine en 1953. Il faut remonter en 1807 pour retrouver les premières traces de l'ardoisière Belle Rose, du moins, sa fondation.

On ne trouve aucune donnée sur le site de Belle Rose durant une bonne partie du XIXe siècle. En 1834, en revanche, on trouve les premières mentions de l'ardoisière Saint-Lambert.  En 1843, quarante-trois personnes y travaillent. Ces travaux sont initiés par Nicolas Lambert Malcotte, juge honoraire à Sedan. La société qu’il fonde avec ses frères Jean Baptiste Florent, Charles François et Benjamin Joseph, prend le nom d’ardoisière Saint-Lambert. Probablement au cours de cette période, la chronologie exacte reste encore méconnue, le site d’extraction de Belle-Rose est déplacé après de nouveaux sondages, vers son emplacement actuel, car le schiste qu’on y rencontre, ne présente pas les qualités suffisantes. L’ardoisière emploie quatre-vingts personnes en 1843, pour une production annuelle de quatre millions d’ardoises.

Les ardoisières Saint Lambert et Belle Rose fusionnent en une société unique en 1854. L'activité est continue jusqu'au Premier confilt mondial, qui suspend les tracaux jusqu'à la reprise d'activité en 1922.
Victime de la crise économique des années 1930, l'ardoisière Belle Rose cesse toute activité après le 28 novembre 1931, comme l'ensemble des exploitations du bassin ardoisier de Fumay/Haybes. La société, qui n'a pas repris son activité, est déclarée en faillite le 10 mai 1933. Fin juillet, quelques fendeurs sont autorisés à travailler la pierre qui était stockée depuis fin 1931 et, en fin d'année, les travaux souterrains reprennent dans deux ouvrages. Le 12 avril, l'ardoisière Belle Rose est rachetée par M. Goeders qui, jusqu'alors administrait l'ardoisière du Moulin Sainte Anne. L'activité sur le site reprend progressivement. Fin 1935, la production s'élève à 1598 tonnes, mais 500 tonnes restent invendus. En 1938, elle produit près de 1200 tonnes d'ardoises. La crise se termine, avant de céder sa place au Second conflit mondial.

  • Haybes, ancienne ardoisière Belle Rose aujourd'hui scierie Haybes, ancienne ardoisière Belle Rose aujourd'hui scierie
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  • Haybes, l'ardoisière Belle Rose depuis la rive gauche de la Meuse Haybes, l'ardoisière Belle Rose depuis la rive gauche de la Meuse
  • Haybes, l'ancienne ardoisière Belle Rose, hiver 2011 Haybes, l'ancienne ardoisière Belle Rose, hiver 2011
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  • Haybes abandon ardoisière belle Rose Haybes abandon ardoisière belle Rose
  • Vue sur l'ardoisière Belle Rose depuis l'entrée de Fumay Vue sur l'ardoisière Belle Rose depuis l'entrée de Fumay

Après la Seconde Guerre Mondiale, l'exploitation accumule les difficultés tant techniques que financières.

Les anciennes concessions qui se situent dans le voisinage de Belle-Rose, accentuent accentuent les infiltrations d'eau. Ceci implique un pompage important et constant qui entraîne des coûts supplémentaires. Elles se font plus importantes dans les premiers jours de décembre 1952. Le 12, des craquements et des bruits sourds devenus insistants conduisent à l'évacuation du personnel. Quelques heures plus tard, une partie de l'ardoisière s'effondre. L'affaissement est si important que des fissures apparurent sur la route menant de la commune à Fumay.
Le 31 janvier 1953, le journal l'Ardennais titre « Envahie par les eaux de la Meuse l'Ardoisière Belle Rose, de Haybes, l'une des plus importantes des Ardennes, est définitivement abandonnée. « Ainsi prend fin une très vieille et très renommée exploitation. En même temps qu'elle disparaît l'industrie ardoisière de Haybes. (…) Cette prospérité, Haybes l'a due à ces gisements ardoisiers de haute valeur mais aussi à la qualité incomparable de la main d’œuvre locale » écrit le journaliste qui signait l'article de cette information funeste.

Si l'activité liée à l'extraction du schiste ardoisier cesse, le site ne sera pas abandonné pour autant, repris par une famille locale qui développe un projet de scierie, aujourd'hui toujours en activité et florissante.