L'extraction à ciel ouvert

Avant d'atteindre le banc de roche qui sera exploité, les carriers doivent tout d'abord retirer la couche de sol et les premiers niveaux rocheux, impropres pour la construction en pierre de taille. L'épaisseur de ces terrains varie entre 12 et 16 mètres. Une fois le banc dégagé, le chantier d'extraction peut s'installer à proprement parler.

Les techniques d'abattage manuelles
Différentes techniques d'abattage des blocs peuvent être observées sur les différentes carrières. La technique la plus ancienne, employée jusque dans les années 1890, repose entièrement sur un travail manuel.
L'objectif consiste à délimiter les contours d'un bloc par le creusement de saignées, les enjarots. Celui-ci est réalisé sur une hauteur de 4 à 5 mètres, voire 8 à 10. Sa largeur n'excède pas la largeur comprise entre les deux épaules. Ce travail, réalisé au pic, long et fastidieux, peut durer toute une année.
L'étape suivante vise à désolidariser le bloc de sa base. Les carriers ciblaient alors un lit plus tendre dans la base du bloc (un lit est une limite entre deux bancs de roche) dans lequel ils enfonçaient des coins de fer garnis de paumelles de bois. Ceci permettait de créer un écartement dans lequel on plaçait ensuite des billes d'acier. L'opération était répétée jusqu'au moment où on pouvait faire basculer le bloc.
Celui-ci était alors débité en blocs plus petits pouvant être transportés par chariot au chantier de taille.
Si cette technique persistera dans les carrières de petites dimensions ces étapes, sur les carrières d'Euville, seront mécanisées dans la dernière décennie du XIXe siècle.

 

Les évolutions techniques apportées à la fin du XIXe siècle
A l'enjarteur succède l'emploi de trancheuses, d'abord à vapeur puis électriques. Cet outil, qui avoisine tout de même les 1800 kg, est capable, au moyen de barres à mines, de forer la roche sur une profondeur de 13 mètres. On place ensuite des explosifs dans les forages pour désolidariser totalement le bloc.
La seconde évolution technique repose sur le chargement du bloc sur le front de taille et son transport aux ateliers de taille. Au chariot succède un chemin de fer à voie étroite qui dessert la carrière et, pour déposer le bloc sur le wagon, la société Civet Pommier, fait construire en 1895 un pont grue s'appuyant sur le sommet de la carrière, avec une base reposant sur le sol de celle-ci, et capable de manutentionner des blocs pesant trente tonnes. Il s'agit d'un des plus grands ponts roulants construits en France. Il dessert un front de taille étendu sur environ 700 mètres (front de taille de la « vieille carrière ». L'outillage sera complété par l'emploi de haveuses.

  • Les carrières d'Euville, vue d'ensemble de l'actuelle carrière Rocamat Les carrières d'Euville, vue d'ensemble de l'actuelle carrière Rocamat
  • Les carrières d'Euville, l'actuelle carrière Rocamat depuis un point de vue Les carrières d'Euville, l'actuelle carrière Rocamat depuis un point de vue
  • Les carrières d'Euville, plaque de la société Civet-Pommier et Cie, aujourd'hui Rocamat Les carrières d'Euville, plaque de la société Civet-Pommier et Cie, aujourd'hui Rocamat
  • Les carrières d'Euville, l'ancien bâtiment d'octroi de la société Civet, Pommier et Cie Les carrières d'Euville, l'ancien bâtiment d'octroi de la société Civet, Pommier et Cie
  • Les carrières d'Euville, l'ancienne carrière dite de la sablière Les carrières d'Euville, l'ancienne carrière dite de la sablière
  • Les carrières d'Euville, vestiges d'une ancienne forge Les carrières d'Euville, vestiges d'une ancienne forge
  • Les carrières d'Euville, fragments de roches non productifs Les carrières d'Euville, fragments de roches non productifs
  • Les carrières d'Euville, fragments de roches non productifs Les carrières d'Euville, fragments de roches non productifs
  • Les carrières d'Euville, ancien front de taille Les carrières d'Euville, ancien front de taille
  • Les carrières d'Euville, ancien front de taille et enjarot en arrière plan Les carrières d'Euville, ancien front de taille et enjarot en arrière plan
  • Les carrières d'Euville, dans un enjarot Les carrières d'Euville, dans un enjarot
  • Les carrières d'Euville, traces de coups de pics Les carrières d'Euville, traces de coups de pics
  • Les carrières d'Euville, front de taille marqué par les coups de pics Les carrières d'Euville, front de taille marqué par les coups de pics
  • Les carrières d'Euville, ancien atelier Les carrières d'Euville, ancien atelier
  • Les carrières d'Euville, front de taille portant les marques des trancheuses Les carrières d'Euville, front de taille portant les marques des trancheuses
  • Les carrières d'Euville, les marques laissées par les trancheuses Les carrières d'Euville, les marques laissées par les trancheuses
  • Les carrières d'Euville, front de taille Les carrières d'Euville, front de taille
  • Les carrières d'Euville, front de taille repris par la végétation Les carrières d'Euville, front de taille repris par la végétation
  • Les carrières d'Euville, blocs taillés restés sur site Les carrières d'Euville, blocs taillés restés sur site
  • Les carrières d'Euville, une partie des ateliers de la carrière Fèvre Les carrières d'Euville, une partie des ateliers de la carrière Fèvre
  • Les carrières d'Euville, le grand pont roulant de la vieille carrière Les carrières d'Euville, le grand pont roulant de la vieille carrière
  • Les carrières d'Euville, le front de taille de la vieille carrière Les carrières d'Euville, le front de taille de la vieille carrière
  • Les carrières d'Euville, un portique remis à neuf Les carrières d'Euville, un portique remis à neuf
  • Les carrières d'Euville, stériles Les carrières d'Euville, stériles
  • Les carrières d'Euville, vestiges d'une ancienne centrale électrique Les carrières d'Euville, vestiges d'une ancienne centrale électrique